Au hasard d'un geste, d'un petit choix de rien du tout, oui, d'un tout petit rien à chaque fois, c'est vous qui partagez cette place. Allons au soleil, puisque tout le monde reste à l'ombre. Vous et personne d'autre, et ô combien il est certain qu'ils auraient-ils pu être des centaines et des milliers d'autres à partager le peu qui nous est proposé. Restez-là, ne partez pas, parce que vous me possédez un peu, et que sans vous je perds ma substance. Vous me faîtes, je vous fait, nous nous faisons, nous nous complétons, nous nous sommes plu puis nous nous sommes choisi pour nous mettre en commun. Et dire qu'ils auraient pu être des centaines, voire des milliers d'autres à avoir votre place, et qu'à chaque fois un tout petit choix, un petit rien a fait la différence et vous a déposé ici, près de moi. Et dire que oui, j'aurais aimé qu'ils soient des centaines de plus à être là, mais que tout ça est perdu et n'a jamais existé. Ne pas le regretter, quoi qu'il en soit, puisque nous nous sommes choisi, et que ensemble nous nous supportons et nous assumons. Vous et personne d'autres, vous que je hais, vous qui êtes adorables. Tous autant que vous êtes. Vous et personne d'autre, architectes du "chez Moi". Le hasard fait bien les choses, si vous me permettez d'appeler "hasard" nos actes manqués. Pour tout ceux que l'on aurait pu ne pas connaître mais qui sont là malgré tout, à cause (ou grâce à) d'un tout petit rien, à tout ceux que l'on aurait pu connaître mais qui sont parti, à tous ceux que l'on aurait du connaître mais qui ont disparu, à tous ceux que l'on aurait du ne pas connaître et qui nous ont fait perdre du temps, tant pis pour eux, tant pis pour moi...